Auteur/autrice : alizee_adm

  • Entretien avec un directeur commercial dans l’agroalimentaire : « On a eu des années où on a vendu énormément et c’est des années qu’on risque de ne jamais revoir… »

    Entretien avec un directeur commercial dans l’agroalimentaire : « On a eu des années où on a vendu énormément et c’est des années qu’on risque de ne jamais revoir… »

    Les entreprises de l’agroalimentaire n’ont pas été tant gâtées que ça pendant les fêtes. Didier Delmond président et directeur commercial de la société Delmond l’Originel, située dans le Périgord Noir. Entre grippe aviaire toujours d’actualité et augmentation des prix, le mets de Noël tant aimé par les Français n’a pas pu être sur toutes les tables.

    La vente du foie gras pendant les fêtes a-t-elle été bonne en 2023 ?

    Pas vraiment. Elle est toujours impactée par la grippe aviaire. Il y a eu un manque de canetons et donc un manque de foies gras pendant la fin d’année. Ce même foie, a été beaucoup plus cher à cause de la claustration des animaux pour éviter que cette grippe ne se propage encore. La restauration a retiré de ses cartes les morceaux de canard à cause du prix… Nos clients historiques comme Leclerc, Carrefour ou Picard, on a pu fournir que 60% de leurs besoins…

    Sentez-vous l’impact sur vos ventes des personnes qui mangent de moins en moins de produits venant des animaux ?

    Oui, effectivement. Avec L214 (association qui défend les animaux) ça a encore plus impacté l’achat de la population, car il est vrai, il a des éleveurs et gaveurs qui ne devraient pas avoir de la volaille et les maltraiter, ça reste inadmissible ! D’ailleurs, Delmond l’Originel, s’est replié sur du canard non gavé en provenance de Pologne qui était moins touché par la grippe aviaire pour avoir plus de stocks. Et cette viande (filet de canard, gésier de canard) c’est bien vendu en étant au même prix. On a compris au sein de l’entreprise que les consommateurs l’ont acheté car il n’y avait pas le mot « gavage » dessus !

    Qu’en est-il de la grippe aviaire ?

    La grippe aviaire a détruit les troupeaux de reproducteurs. Quand je pense à cette période, cela donne pas mal de cheveux blancs. Jamais je n’aurais pu penser que cette grippe puisse perdurer depuis bientôt 10 ans. On n’a jamais connu une telle catastrophe. Maintenant, elle est moins violente, forte heureusement, mais elle est toujours présente et nous impacte continuellement. Elle est similaire au covid et les agriculteurs, les conserveurs, les éleveurs et les gaveurs vont devoir vivre avec comme nous on doit vivre avec le covid.

    Avez-vous vendu à l’étranger malgré cette grippe aviaire ?

    Non, on ne peut plus vendre à l’étranger. En rapport avec la maladie, mais surtout à cause de la vaccination pour la purger. On ne vaccine que les canards, mais les autres pays ne le font pas. La France sert de cobaye pour savoir si le vaccin fonctionne réellement… C’est normal, la France veut toujours laver plus blanc que blanc ! Cela nous a fait perdre nos marchés à l’export. Avant, on livrait au Japon du foie gras et Hong Kong nous prenait le magret et les pattes. Ça représentait pour l’entreprise 8 millions d’euros dans le chiffre d’affaires.

    Selon vous, la vente du canard va-t-elle encore diminuer à l’avenir?

    Je le crains. On a eu des années où on a vendu énormément et ce sont des années qu’on ne risque de jamais revoir… [pause] Le foie gras a été démocratisé et on n’en mange plus qu’avant. À l’époque, c’était un aliment qu’on dégustait aussi rarement que la truffe. Les métiers de gaveurs et de conserveurs ne se faisaient que les mois d’hiver. C’est comme les fruits et les légumes, il y avait une saison ! Le côté devenu trop industriel mettra fin à tout. Les nouveaux commerciaux ne connaissent pas la base pour bien vendre cette volaille. Je me rappelle avec mes parents et mes grands-parents on était plus de 50 petites entreprises familiales, dans le sud-ouest, à fabriquer et vendre du foie gras ! Maintenant, il n’en reste qu’une dizaine qui sont devenus des coopératives…

  • Le Grand Prix de Las Vegas : des critiques qui fusent

    Le Grand Prix de Las Vegas : des critiques qui fusent

    L’avant dernière course du calendrier de la Formule 1 se déroule à Las Vegas. Le
    circuit est construit sur le légendaire « Strip », la rue principale, la plus célèbre
    et la plus glamour de la ville. Mais de nombreux problèmes se profilent avec
    des critiques qui pleuvent de toutes part entre les habitants et les pilotes.

    Grand Prix de Las Vegas. Crédit : Getty Images

    Mécontent, c’est ainsi que se sentent les habitants de la célèbre ville de l’état
    du Nevada. Le circuit urbain d’environ 6 kilomètres amène beaucoup de
    curiosité avec au moins 100 000 spectateurs qui sont attendus chaque jour,
    mais cet engouement ne semble pas concerner ceux qui vivent ou travaillent à
    Las Vegas… Des images circulent sur Internet montrant les désagréments créés
    par les travaux de construction du circuit, qui impliquent les rues les plus
    fréquentées de la ville, rallongeant les trajets.

    Le site Jalopnik, spécialisé dans les sports automobiles nord-américains, a
    recueilli des témoignages d’ouvriers et de résidents de Las Vegas, tous assez
    critiques à l’égard des organisateurs. Un membre d’un syndicat local a par
    exemple déclaré : « La Formule 1 n’a pas réussi à comprendre Las Vegas. Il voit
    simplement les rues sur une carte, les chambres d’hôtel à louer et les dollars à
    gagner. Les gens vivent, travaillent et élèvent leurs enfants ici. La Formule 1 ne
    semble pas s’en soucier. »

    Taxes pour les locaux

    Et la manière de faire de la FIA semble lui donner raison ! Les organisateurs de la course paraissent loin d’être enclin à garantir à quiconque une vue aisée du spectacle sur la piste. Si les hôtels veulent avoir une vue confortable sur le circuit, ils doivent payer des frais énormes. La F1 a demandé que les locaux situés le long du circuit s’acquittent d’une taxe de 1 500 $ par personnes pour les frais de licence. Et si le chiffre paraît petit, mieux vaut faire le calcul : pour un restaurant pouvant accueillir 1 500 places, la facture s’élèverait à 2,25 millions de dollars, quel que soit le nombre de convives qui pourrait profiter de la vue. Les locaux, sidérés, refusent de payer cette somme. Mais, la F1 a été très claire : ceux qui n’ouvriront pas leur portefeuille devront se préparer à voir leur vision obscurcie par des bâches et même des faisceaux lumineux visant à empêcher les clients de ces structures d’assister au Grand Prix.

    Des températures glaciales

    Si la FIA, a tout prévu pour maximiser les profits avec les tarifs réservé, elle n’a
    visiblement pas tout prévu en matière sportive. A commencer par la météo !
    Les températures sont annoncées très basse -entre 5 et 7°C-, ce qui pourrait
    occasionner quelques soucis de pneumatiques pour les écuries. « C’est la seule
    chose que nous n’avions pas envisagée au départ. On l’a oublié. » a avoué Ross
    Brawn, directeur sportif de la F1 entre 2017 et 2022, à l’origine du retour des
    monoplaces dans la cité du Vice. « Faire fonctionner les voitures à ces
    températures peut devenir un défi » a-t-il concédé dans le podcast TalkSport.

    « 99 % de show, 1 % de sport »

    Ce n’est pas le seul souci, la qualité du circuit pose également des problèmes !
    Après à peine dix minutes des premiers essais libres, la Ferrari de Carlos Sainz a
    heurté une bouche d’égout descellée. L’incident a provoqué un drapeau rouge,
    quelques minutes avant que les organisateurs n’annoncent que la session ne
    reprendrait pas. Afin d’éviter ce type de problème, toutes les plaques d’égouts
    doivent subir un double traitement : un vissage, puis un soudage. La piste
    pourtant est normalement vérifiée mais les conditions de vérification restent à
    éclaircir. Au passage de Carlos Sainz, la plaque a arraché tout le dessous de sa monoplace. Le patron français de Ferrari, Frédéric Vasseur, s’est présenté
    furieux après l’incident : « La monoplace est complètement endommagée, son
    moteur et sa batterie. Je trouve que c’est inacceptable ! » a-t-il lancé devant la
    presse. « Ça nous coûte une fortune. On ne participera pas aux essais 2, c’est
    sûr. ». Cela n’arrangera pas l’avis des pilotes qui s’étaient déjà plaints de
    l’horaire du Grand Prix ainsi que son ajout dans le calendrier : « 99 % de show, 1
    % de sport », avait notamment taclé le champion du monde Max Verstappen.
    Le Grand Prix de Las Vegas serait-t-il donc un excès de paillettes et de strass ?
    Rendez-vous ce dimanche matin 7h pour savoir !

    Le drapeau rouge agité pour procéder à l’évacuation de la Ferrari de Carlos Sainz. Crédit : Hasan Bratic